Première journée de liberté

Se lever sans avoir l’hopital en ligne de mire ! Me voilà enfin libre. Une séance de Feldenkrais qui m’a remise d’applomb, la rubrique télévision à terminer pour le Café Pédagogique, livrée avec du retard… bref, du repos. Mes brûlures au sparadrap sont toujours là, mais elles diminuent un peu. Et comme plus aucune machine ne s’attaque à mon sein, ça va sûrement s’améliorer. Demain, coiffeur ! Et un concert au Théâtre des Champs-Elysées le soir. Ma première sortie le soir depuis au moins deux mois.

Lundi matin, dernière séance !

Ouf, après six semaines non-stop, me voici presqu’en vacances. J’ai été tellement obsédée par cette radiothérapie que ma retraite et mes soixante ans en sont pratiquement passés inaperçus. Je vais pouvoir me reposer un peu. Plus question d’obligations quotidiennes, et surtout de ne pas savoir à quelle heure j’aurai fini. Plus d’attentes interminables.

J’ai découvert jeudi dernier que j’aurais dû conserver tous les horaires hebdomadaires qu’on me donnait le vendredi, que les transports étaient remboursés par la sécurité sociale. Heureusement, je n’avais pas jeté mon coupon de carte orange du mois de septembre. Mais c’était bien par hasard. Il serait si facile de prévenir les patients dès le début du traitement…

Le Dr W. m’a prescrit de l’Arimidex pour six mois. Pour l’instant, je n’ai pas l’intention d’en prendre compte tenu des effets secondaires.

Une bonne journée

Si mes brûlures guérissaient, tout irait beaucoup mieux bien sûr. Mais rien que la perspective de ne plus avoir à retourner au Centre me fait me sentir mieux. Cinéma avec Julie et Victor, suivi d’un dîner au restau. Nous avons vu ‘La première fois que j’ai eu vingt ans’, et ça nous a bien plu à tous les trois.

En rentrant, j’étais bien fatiguée, et mon tulle gras avait collé à ma brûlure et il a fallu le décoller, ce qui est toujours douloureux. Mais dans l’ensemble, c’était tout de même une bonne journée.

Avant-dernière séance

Et dernière visite chez le Dr W. qui est bien sympathique, bien qu’il m’ait laissé le sein dans un état comateux. Son avis, c’est que la peau se reconstitue, mais moi, j’ai un peu l’impression que ça suppure. Enfin, je suppose que c’est lui qu’il faut croire.

Au programme, hormonothérapie (que je n’ai pas l’intention de faire), en février une mammographie et un rendez-vous ches le chirurgien. Et mammographie tous les six mois.

Tel est le programme des réjouissances. Je crois que je vais prendre rendez-vous chez ma dermatologue pour voir si elle ne peut pas aider ma peau à se reconstituer un peu plus efficacement.

Du coup, à l’idée de n’avoir plus qu’une séance, j’ai fait un grand nettoyage dans ma paperasse que je n’avais pas fait depuis deux mois. Je suis fatiguée, mais contente que ce soit fait. Un grand weekend de repos et après, vacances !

Plus qu’une visite chez le Dr W.

Et surtout, plus que deux séances ! Demain et lundi. J’ai demandé à avoir un rendez-vous lundi matin de bonne heure, 7h 50. Et là, je suis ravie parce qu’après, je serai en vacances. Si seulement d’ici là, la brûlure que j’ai sur le sein pouvait cicatriser, ce serait merveilleux. Malheureusement, ce matin, le tulle gras que j’avais appliqué dessus était totalement collé, et il a fallu que je l’enlève. Même avec précaution, ce n’est pas agréable. En fait, il faudrait que je puisse badigeonner à l’éosine et laisser ce bobo à l’air pendant un ou deux jours, ce qui implique de ne pas sortir et de ne pas avoir de visites. Pendant le weekend peut-être…

Mercredi matin

Aujourd’hui, pas de taxi à la station, donc j’y suis allée en métro. J’avais dix minutes d’avance, mais Saturne avait cinquante minutes de retard. Et puis après, il a fallu attendre le rendes-vous avec le médecin. Mon allergie est toujours là, et ça fait mal. Au moins, pour le moment, l’endroit ciblé par les électrons, la cicatrice de l’opération, ne me fait pas mal. Et quoi qu’il en soit, il ne me reste plus que trois séances à faire. Vendredi, je verrai le docteur W. pour la dernière visite.

J’ai demandé à ce que mon dernier rendez-vous soit le matin. Comme ça, dès lundi après-midi, je serai en vacances !

J’ai demandé pourquoi on avait pris une photo de mon sein hier, et on m’a répondu évasivement que c’était pour mettre dans mon dossier… J’ai fait une blague sur le fait que mon sein était copyright, et la manipulatrice m’a dit que je n’avais pas à m’inquiéter et que je ne retrouverais pas la photo dans un manuel de médecine.

Quand bien même elle s’y trouverait, comment le saurais-je? Je ne lis pas les manuels de médecine ! ;)

Le docteur W. est revenu sur l’hormonothérapie… Que je n’ai toujours pas l’intention de faire.

Plus que quatre séances…

Ma première séances d’électron après une nuit infernale. L’allergie développée par mon sein ne s’améliore pas et le tulle gras colle, l’éosine ne semble pas faire grand-chose, j’ai mal que je porte un soutien-gorge ou que je n’en porte pas. J’ai vraiment dormi en pointillé.

J’ai décidé de prendre des taxis pour aller au centre, je me sens trop fatiguée pour le métro et la marche en ce moment.

Une très grande salle d’attente qui ressemble à un salle de triage. Au contraire de la salle d’attente précédente où il n’y avait que des dames toutes atteintes du cancer du sein, là, il y a aussi des messieurs. J’ai tout de même retrouvé certaines personnes que je connaissais.

Mon allergie a eu un franc succès auprès de la manipulatrice qui a appelé une collègue pour la lui montrer, puis un médecin pour voir ce qu’il fallait faire. Lui aussi m’a recommandé l’éosine et le tulle gras. On a mis un « plomb » pour isoler la région brûlée et s’assurer qu’elle ne serait pas irradiée.

L’accélérateur linéaire Saturne ne chante pas la même chanson qu’Orion; Le son est moins strident et moins fort. Par contre la position est plus inconfortable et l’accélérateur est directement au-dessus du sein.

On a terminé par une photo polaroïd, j’étais tellement surprise que je n’ai pas pensé à demander pourquoi. Ce sera pour demain.